TRAITEMENT DES ABORDS DE LA FERME-ACCUEIL
AU CHATEAU MEDIEVAL DE ROCHEBARON
A BAS EN BASSET EN HAUTE-LOIRE


Mise en évidence du chemin original d'accès au Château

Christian HOMBERT-BRUYERE

Sauvetage n° 94.84 AH

1 - Introduction

Les travaux menés au cours de l'été 93 avaient conduit au dégagement de la zone située en contre-haut de la ferme ainsi que d'une partie des remblais surplombant la terrasse Est.

Cette campagne avait permis de mieux comprendre la relation entre les différentes fonctions en place ou supposées comme telles : terrasse Est, accès original possible au Château, liaison à l'arrière de la ferme, porte d'accès au Château.

La réouverture des aires de sondages amorcés en 1993, complétée par des relevés stratigraphiques devait permettre de confirmer l'importance et la nature des remblais ainsi que la topographie du substratum rocheux. Ce dernier point fournit d'ailleurs des renseignements intéressants sur la largeur et la position du chemin d'accès original au Château.

2 - Aires de fouilles et relevés stratigraphiques

Deux tranchées de sondage positionnées en 1993 (voir plan général) ont été réouvertes et les travaux de fouille dans ces tranchées ont été menés à leur terme. Des relevés stratigraphiques ont été réalisés dans ces tranchées et sont reportés en annexe.

Ces travaux ont d'ailleurs eu une conséquence directe sur l'accès piéton permettant d'entrer jusqu'alors dans le Château par le Sud ; celui-ci, maintenu jusqu'en 1993, a dû être modifié pour permettre aux deux tranchées d'atteindre le socle rocheux de la troisième enceinte.

Ces deux tranchées ont livré des compositions identiques quant à la nature de leur remplissage :

* une couche d'éboulis et de remblais grossiers composée de pierraille de gros module mélangée à la terre noire humifère et à des gravats. Son épaisseur varie de 0.55 m à près de 2.0 m.

* une couche de remblais graveleux, granitiques composée de mortier de chaux jaunâtre et de pierres plus ou moins moellonnées. Son épaisseur qui varie de 7 à 10 cm est ponctuée de pierres équarries éparses de 0.20 m à 0.30 m de module.

* une couche de contact avec le substratum rocheux composée de pierraille de petit module et de terre graveleuse. Son épaisseur moyenne est de 0.30 m.

Ces trois couches archéologiques suivent le pendage naturel du rocher qui les supporte.

L'étude du fond de la tranchée Est confirme que le substratum rocheux est contenu dans un plan quasi horizontal pouvant correspondre à l'accès original au Château. Sa largeur relevée entre les points 13 et 14 est de 2.37 m.

3 - Les résultats obtenus

La principale caractéristique de la zone concernée par les travaux de rétablissement du chemin d'accès au Château est l'abondance des matériaux de déblais que ce soit du moellon de pierre, provenant de superstructures ou de la pierraille graveleuse mélangée à de la terre humifère.

Une bonne part de ces matériaux provient des parties du Château situées en contre-haut (nettoyage de la cour basse notamment) et déversés dans les années 80.

Deux "découvertes" intéressantes sont à mettre à l'actif du dégagement de cette zone :

* la mise en évidence du chemin original d'accès au Château et sa relation avec le piétonnier situé à l'arrière de la ferme.

* le réseau de départ amont de diverses rigoles de captage des eaux superficielles de ruissellement.

3 a - Le chemin d'accès

Une première remarque porte sur "l'origine" des travaux de dégagement qui ne se superpose pas à l'origine supposée du chemin ; d'autres travaux de terrassement seront à réaliser afin d'identifier de manière certaine le point de départ du chemin d'accès.

Ce chemin qu'il conviendrait plutôt d'appeler plateforme de circulation ne possède pas de largeur constante et n'a livré aucune organisation de surface (pavage partiel, couche de roulement identifiable...) ou autre disposition qui puisse permettre de connaître son revêtement superficiel et sa largeur nominale.

Actuellement, il faut se contenter de constater que celui-ci comprend un profil en travers pseudo-horizontal et qu'il monte d'un seul "trait" en direction du Château mais qu'il n'aboutit pas directement au seuil de celui-ci. En effet, il existe une différence de niveau d'environ 1.50 m au droit du seuil.

Ceci laisse supposer que ce chemin se prolongeait en direction de l'Ouest et revenait sur lui-même en direction de l'Est, après une boucle serrée pour aboutir au seuil de l'entrée. Il se pose alors le problème de l'existence possible d'un mur d'échiffre qui soutient le palier que doit former le chemin devant l'entrée. Aucune trace d'aménagement du rocher pouvant soutenir ce mur d'échiffre n'a été relevée.

Une autre hypothèse serait que ce chemin débouche après sa boucle en retour en direction de l'Est sur un platelage en bois soutenu par un système poteaux-poutres. Quelques traces de méplats à peine visibles mais non organisées symétriquement par rapport à l'entrée pourraient étayer cette hypothèse.

Aucun autre indice ne permet de fonder faiblement le raccordement du chemin au seuil de l'entrée.

Enfin une troisième hypothèse consisterait à penser qu'une formule moins élaborée de raccordement ait été mise en oeuvre : c'est le raccordement direct du chemin à l'entrée du Château par un platelage en bois, étayé au gré du substratum rocheux. Ceci conduit cependant à constater une raideur importante pour franchir la différence de niveau de 1.50 m. Ceci semble peu probable.

3 b - La récupération de l'eau pluviale

II convient de noter la présence de noter la présence d'une rigole de faible profondeur (quelques centimètres) qui longe la quasi-totalité du linéaire de la plate- forme de circulation à droite en montant. Sa fonction est d'intercepter les eaux superficielles de ruissellement avant quelles n'atteignent le chemin.

Cette rigole se perd actuellement dans les remblais en place actuellement à l'extrémité Nord-Est de la terrasse; sa direction n'est donc pas connue.

Une autre rigole beaucoup plus grossière car elle utilise un plan de clivage du rocher prend naissance approximativement à l'emplacement du sondage Est (vers le point 11) et se perd dans l'emprise de la plate-forme, en direction de l'entrée du Château.

Discrète lors de son nettoyage, sa pleine fonction est apparue lorsque le raclage de la terrasse Est (au point 10) a livré une originale fontaine surcreusée qui sert de bassin de rétention aux eaux pluviales. De dimensions modestes (0.50 m x 0.50 m x 0.25 m de profondeur environ) cette fontaine recueille une partie des eaux qui proviennent du chemin et les déverse par trop-plein dans le caniveau couvert de la terrasse Est. A noter la hauteur de chute de l'eau dans la fontaine : 1.20 m.

4 - Le mobilier

L'évacuation des déblais n'a pas livré de mobilier présentant un intérêt particulier hormis les traditionnels mais peu nombreux tessons de céramique à pâte grossière et carbonifère. Ceux-ci sont principalement localisés dans la couche archéologique supérieure.

La couche de contact avec le substratum rocheux n'a quant à elle rien livré.

De rares ossements d'animaux, des fragments de carreaux de terre cuite, des clous forgés ponctuent l'essentiel des déblais et n'apportent pas d'information nouvelle sur l'occupation de cette zone dégagée.

La seule découverte intéressante a été celle d'une mandibule de poulain (identifiée comme telle) abandonnée dans la fontaine de la terrasse Est.




C. HOMBERT